Ouh la la ! Que le monde va mal en ce moment ! La famine en Afrique qui fait des ravages (je suis peut-être gros, mais ça me touche quand même); deux menteurs qui se font la guéguerre sur fond de justice new-yorkaise et un Norvégien fou qui s’est pris pour Dieu et qui est passible de 20 ans de prison avec un peu de chances… C’est dingue, quoi.
Comment ? Quoi tu t’en fous de tout ça ? Oui, je ne suis pas passé depuis le mois de Mai, et alors ? J’ai une vie, merde ! Faut bien surveiller de près ce que Hollywood nous réserve pour les prochains mois, hein !
Transformers 3 : La Face Cachée de la Lune, le Michael Bay nouveau, étant sorti il y a un mois déjà, le cercle des cinéphages internautes se demandait bien sur quoi on allait pouvoir cracher maintenant.
Et bien, ne bougez pas, parce que quand Bay le Grand, celui qui allume des barbecues avec son urine, n’est pas là, Peter Berg est là pour essayer de lui piquer sa place de cinéaste Bigger Than Life.
Bon, maintenant, je me tais et je vous laisse avec ceci :
A dans une heure !
…
C’est bon ? Vous avez vu la bande annonce ? Bon…
Revenons sur le truc en entier… Vous vous souvenez de ce jeu-ci ?
Et bien Battleshit, croyez-le ou non, en est l’adaptation cinématographique. Oui oui. Et quelque part, ça suit un chemin logique.
Edité par MB Games, d’abord sur format papier de 1943 à 1967, puis en version électronique dès 1977, le jeu fait partie des licences Hasbro dont les droits ont été revendus aux studios américains, au même titre que G.I Joe (adapté en 2009 par Stephen Sommers) et, bien entendu, Transformers, tout deux pour le compte de la Paramount.
Évidemment conscients du succès public de la trilogie automo-dé-bile de Michael Bay depuis 2007, les studios Universal Pictures n’ont pas tardé à sauter sur les droits de Touché-Coulé et lancèrent officiellement le projet en 2009, avec Peter Berg (Hancock, film que je ne supporte pas) attaché à la mise en scène.
C’est là que ça devient marrant : je sais bien que les exécutifs du studio nous prennent tous pour des cons (et Universal perd pas mal en prestige depuis quelques temps), mais il y a des moments où il faut dire STOP.
EXCLUSIF ! JE ME SUIS PROCURE LE SCENARIO DU FILM !
J’imagine que le gros bonnet derrière cette fausse bonne idée s’est levé en tapant de la bite sur la table et clama à ses scénaristes : “Vous connaissez, euh… Michel Bay ? Ouaip, z’avez vu ses films non ? Armageddon, Pearl Harbor, Transformers… Putain, à chaque fois que je vois ses films je pleure de joie comme le jour où je me suis tapé ma toute première assistante. C’est ce que je veux, pour Battleship, ok ? Alors vous me revoyez tout ça, vous le mélangez et je veux le scénario dans 2 heures sur le bureau de ma nouvelle assistante, hé hé.”
Avouez qu’à la vision de ce premier teaser trailer, on a carrément l’impression de voir une déclaration d’amour au cinéma de Bay ! On a tout ce qu’il (ne) faut (pas) pour faire les films dans son style bien particulier !
Prenez une jeune étoile montante (Taylor Kitsch, bientôt dans le bien plus intriguant John Carter, adapté du héros littéraire de Edgar Rice Burroughs), faites en votre personnage principal : une tête brûlée musclée et tête à claque qui sort avec la fille de son supérieur, campé par un Liam Neeson peu concerné, mais qui assure rien que pour ses chèques.
Et c’est ainsi que Bruce Wayne vengea ses parents sous l’identité de Popeye.
Puis, mélangez le tout avec Armageddon, sorti en 1998 déjà, où nous pouvions trouver un jeune Ben Affleck, alors étoile montante insupportable, qui sort avec la fille de son chef, campé ici par un Bruce Willis cabotin, mais qui se la joue tant bien que mal Épique.
Dans les deux cas, le papa semble ne pas apprécier qu’un jeune con sorte avec sa fille canon (Brooklyn Decker ici), mais face au danger, ils apprendront à s’apprécier et à s’entraider, quitte à ce que l’un d’entre eux se sacrifie (guess who?).
On s’en fout, nous en France on a Marylou Berry.
Puis, soudainement, vous repensez à Pearl Harbor, véritable incarnation du jeu original où des avions et navires s’amusaient à couler du Jap’ dans un esprit aussi patriotique que chiantissime.
Ici, que des navires, aussi bien ricains que japonais (le temps s’est écoulé depuis la Seconde Guerre Mondiale, non ? Non ?), où on trouve de valeureux soldats mixtes, parmi lesquels se trouvent une certaine Rihanna… Perso, je ne sais même pas ce qu’elle fait musicalement, mais rien que son nom n’inspire pas confiance à tout ça.

Jour 1 : John-John a ressorti l’intégrale des Village People. Ah le con !
-”Bon… Arme à guidon, c’est fait; Pire l’Abhorre aussi. Il nous a dit quoi le vieux il y a 10 minutes ? Ah oui, Transformers ! Bah tiens, on va dire que c’est des aliens les navires ennemis !”
-” J’suis dans les chiottes d’à côté, je vous ai entendu, c’est génial ! Johnson, donnez une promotion à cet homme !”
Des scènes d’action… lisibles !
Et voilà… Là c’est juste pas possible. Je veux bien admettre que faire un film où des bateaux se balancent des missiles pendant 2 heures est un exercice difficile, voire très chiant, mais là…
Le principe du jeu de Bataille Navale remonte au début du 20ème siècle, et a connu des sursauts de succès à chaque guerre qui a mobilisé les États-Unis, de la WWII à la Guerre du Golfe, sans oublier la Corée, l’URSS (presque) et le Viet-Nâm.
Quel ennemis pouvaient bien affronter les soldats américains de nos jours ? Les talibans ? Fuck them, ils n’utilisent même pas de bouées gonflables dans leurs attentats. La menace extraterrestre ? Bah oui bien sûr, ça marche à tous les coups, regardez !
Skyline, World Invasion : Battle Los Angeles, Cowboys & Envahisseurs, The Thing 2011 (où Kurt Russell a été numériquement remplacé par Mary Elizabeth Winstead, en gros)… Tout ça en moins d’un an !
Dieu, le majeur levé devant le monde entier.
Je ne sais pas ce qui est le plus aberrant… que Peter Berg essaie d’imiter maladroitement le Michael Bay style déjà bien maladroit en lui-même – il suffit de voir le désastre technique qu’est TF3, tellement bordélique que ça en devient jouissif – avec luminosité aveuglante, ralentis durant des mouvements de caméras parkinsoniens et tout le bazar; ou simplement le fait que Battleship ne soit que l’un des premiers d’une longue liste du genre à sortir du trou du cul d’Hollywoodland.
Bah oui, Hollywood n’est pas le lieu où l’inspiration règne, on le sait bien, donc quand on a fait le tour des jeux vidéos et des comics à adapter – ou qu’on a la flemme de les rebooter – on se tourne vers les jeux de sociétés.
Ridley Scott devait s’occuper de Monopoly pendant un certain temps, RISK vient tout juste d’être lancé en projet et Ouija, célèbre jeu de société sur le paranormal devrait devenir un film d’horreur…
Des projets qui ont bien évidemment du mal à se concrétiser vu leur stupidité et la difficulté de leur adaptation, mais qui risquent bien de pulluler en cas de succès de cette Bataille Navale.
En tout cas, on se retrouvera sûrement dans 4 ans avec ceci…
Oui oui, c’est bien le nom original de Puissance 4.
Ou cela…
Oui oui, c’est bien Hippos Gloutons.
M’enfin bref… Je critique, je critique, mais bien sûr que j’irais sûrement sauter dans les salles en Mai prochain pour le voir ! C’est même nécessaire, ne serait-ce que pour voir l’ampleur des dégâts…
Avec un peu de chances, comme 90 % de la filmographie de Michael Bay, ça fera un bon plaisir coupable de cinéphiles. Ou peut-être pas, un seul Michael Bay dans le monde du Cinéma, ça suffit et il n’y a sûrement pas de place pour les copieurs comme Peter Berg.
BATTLESHIP
Un film de Peter Berg
Avec Taylor Kitsch, Brooklyn Decker, Rihanna, Alexander Skasgård, Liam Neeson
Sortie le 18 Avril 2012
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